Gil Shaham, «The Complete Deutsche Grammophon Recordings»

Gil Shaham fut chez Deutsche Grammophon, de 1988 à 2001, le vrai successeur de Nathan Milstein : même charme, même élégance, même justesse. L’Americain avait même quelques avantages : la jeunesse et la prolixité, enrichissant le catalogue à l’ère du CD florissant. À l’acmé de sa carrière, il fit les frais d’une logique marketing qui voulait que l’on se renouvelle régulièrement, déméritant le « cheptel artistique ». Il fut remplacé par le très peu mémorable Ilya Gringolts, qui enregistra quelques disques sans lendemain. Chacun peut juger de la nature du gâchis avec ce coffret en forme d’aubaine qui aligne comme des perles les versions de référence (Barber, Korngold, Glazounov, Brahms, Romances pour violon, Wieniawski, Sarasate, Prokofiev…). Depuis, Shaham n’a rien perdu de son aura, il a lancé sa propre étiquette et s’édite avec les moyens du bord. Mais le monde a créé de grands éditeurs et de grands artistes pour que, justement, ils collaborent pour de grands projets. À ce titre, ce coffret laisse aussi un amer goût d’inachevé.

 

Gil Shaham joue Salut D'amour d'Elgar

Gil Shaham

★★★★ 1/2
Classique

« The Complete Deutsche Grammophon Recordings », DG, 22 CD, 483 6334