Mon mammifère préféré, Juste Robert

Il faut donner cela à la capitale nationale : elle sait célébrer ses artistes locaux avec ferveur. Il aura suffi d’un week-end à arpenter ses vieilles rues pour tomber sous le charme rugueux de Juste Robert, l’alter ego musicien du sculpteur Jean-Robert Drouillard. Est-il un chansonnier, est-il un rockeur ? Qu’importe. L’artiste et poète construit des petits morceaux d’intimité, francs et vivifiants. C’est grandement grâce à cette voix à la fois grandiose et fragile. Mais aussi par cette instrumentation enveloppante, qui vient élever la guitare grattée de Drouillard à des hauteurs mystiques (la voix de Laura Babin est fantomatique sur Coeur de plume). Si la musique est belle et authentique, ce sont les mots qui prennent aux tripes. L’album Mon mammifère préféré se ferme sur Pissenlit de lumière, missive émouvante et cathartique adressée à la jeunesse, comme la pièce maîtresse d’un recueil de poésie. Et on ne se surprend pas que Tire le coyote ne soit pas bien loin.

Mon mammifère préféré

★★★★
Chanson folk

Juste Robert, La Tribu