Un deuxième festival de jazz à Québec

La première édition, en juin, présentera notamment Christian Scott.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La première édition, en juin, présentera notamment Christian Scott.

Un nouveau festival de jazz voit le jour à Québec et chevauchera en partie celui de Montréal et de plusieurs villes canadiennes — une stratégie volontaire pour attirer de plus gros noms. Le pianiste Brad Mehldau et le trompettiste Christian Scott seront les têtes d’affiche de la première édition.

Il s’appellera donc Festival Québec jazz en juin (FQJJ) et se déroulera entre le 20 et le 30 juin dans une dizaine de lieux de la capitale. Une trentaine de spectacles sont au programme de l’événement placé tout juste en amont du Festival d’été de Québec.

L’événement est distinct d’une autre manifestation semblable — le Festival international de jazz de Québec, qui se tient à l’automne depuis une douzaine d’années mais qui a éprouvé des difficultés financières importantes récemment. Gino Ste-Marie, qui gère l’événement automnal, assurait jeudi que la 13e édition aurait bien lieu en octobre.

Il y aurait donc de la place pour deux festivals de jazz dans la même ville, à quelques mois d’écart ? Oui, croit le fondateur et codirecteur artistique du nouveau FQJJ, le producteur et agent Simon Couillard (qui a déjà travaillé pour le festival automnal). Le créneau temporel du début de l’été permettra selon lui d’avoir accès à plusieurs artistes qui ne viendraient pas autrement.

Les dix derniers jours de juin sont en effet la « période jazz » de l’année au Canada : des festivals se tiennent en même temps à Vancouver, à Toronto, à Ottawa, et maintenant à Québec. Le Festival international de jazz de Montréal s’amorce pour sa part cette année le 27 juin.

Concurrence malsaine ? Que non, répond Simon Couillard. « Ça permet au contraire une complicité entre tous les événements. Je travaille avec les programmateurs des autres festivals depuis plusieurs années. Tout le monde travaille ensemble pour faire venir des artistes en tournée, réfléchir à des idées de programmation commune. »

L’objectif ? Pouvoir offrir aux artistes américains (notamment) une sorte de petite tournée canadienne avant de faire le saut vers les festivals européens qui se déroulent en été. « Si on peut avoir une tournée à offrir, c’est un gros avantage », estime Simon Couillard.

À l’affiche

Exemple donné avec la plus grande vedette de la première édition du FQJJ : Brad Mehldau, qui se produira en quintette (un format rare pour cet habitué des formations solo, duo ou trio) le 25 juin à Québec, le 26 juin à Ottawa et le 27 juin à Montréal. Ambrose Akinmusire, Joel Frahm, Joe Sanders et Leon Parker l’accompagnent.

Parmi les autres noms à retenir de la programmation du FQJJ dévoilée jeudi matin : le guitariste américain Gilad Hekselman, le pianiste français Jean-Michel Pilc, le bassiste Alain Caron, le rappeur Webster (avec un projet jazz–hip-hop), le pianiste Vincent Gagnon, le trompettiste Jacques Kuba Séguin, le contrebassiste Normand Guilbeault…

Plusieurs chanteuses (dont Ranee Lee, Karen Young et Sheila Jordan, qui a maintenant 90 ans) se produiront au cours d’une même soirée à l’Impérial Bell. C’est la contrebassiste Patrica Deslauriers, codirectrice artistique du festival, qui organise cet événement.

Aucune subvention n’a été demandée par les organisateurs. Doté d’un budget légèrement supérieur à 100 000 $ (certains concerts sont produits par des salles partenaires), le FQJJ espère arriver à faire ses frais dès la première année. Tous les revenus viendront des ventes en billetterie et des commandites.