The Seduction of Kansas, Priests

Un des attraits les plus grands de Nothing Feels Natural, le premier album complet des art punks de Washington D.C., paru dans la foulée de l’ascension de Donald Trump à la présidence, était sa furieuse transcendance. Dans une démarche évidente d’affranchissement d’une étiquette (« les punks au discours politique »), le désormais trio présente The Seduction of Kansas, un cocktail un peu plus sucré, moins pétillant. Difficile pourtant de se défaire de ses plis : les mauvais farceurs diront que Priests prêche encore. Le propos fouillé demeure, avec moult références au politique (le titre est inspiré de l’essai What’s the Matter with Kansas ?) et à la société de consommation états-unienne. Cette critique, certes pertinente, se fait sur une trame où les fantômes de Béla Lugosi et autres Jesus and Mary Chain (Not Perceived, Texas Instruments) se manifestent. Le groupe réfléchit trop : le désir de prouver qu’on n’est pas qu’un groupe en colère contre la Maison-Blanche enlève toute la corporalité du rock qu’il maîtrisait si bien.

The Seduction of Kansas

★★
Dance punk

Priests, Sister Polygon Records