The Big Freeze, Laura Stevenson

Harmonieux, habité, miroitant, légèrement marginal : voici The Big Freeze, cinquième album de Laura Stevenson, où le punk-rock de Cocskure (2015) n’est plus qu’une vague réminiscence. Cette fois, la musicienne américaine a fait de la guitare et de sa voix — incroyablement solide et virtuose — la base de ses morceaux, même si des poussées de piano, de contrebasse et de percussions sauvages élargissent parfois leur rayonnement. Impossible de ne pas penser à Nadia Reid dans cette navigation élaborée, entre violence électrique et douceur diffuse. Sciemment flageolante, Lay Back, Arms Out est une entrée très forte dans le monde nouveau de Laura Stevenson, qui livre cette fois des histoires poignantes sur l’expérience des relations. « You are burdened by only your dangerous mind », laisse-t-elle tomber sur la faussement tranquille Hum. Enregistré dans sa maison d’enfance au plus fort de l’hiver, The Big Freeze est ce qu’il se devait d’être : introspectif, émotif, métaphorique. C’est l’album de la sensibilité clairvoyante.

The Big Freeze

★★★★
Néofolk

Laura Stevenson, Don Giovanni