Christoph Koncz, le sourire de la musique

Le violoniste Christoph Koncz n’a pas besoin de prouver son ascendant de chef: il l’est naturellement et, en la matière, la sobriété est toujours le meilleur choix.
Photo: Ludovic Rolland-Marcotte Le violoniste Christoph Koncz n’a pas besoin de prouver son ascendant de chef: il l’est naturellement et, en la matière, la sobriété est toujours le meilleur choix.

Après des représentations à Rivière-des-Prairies et à la Maison symphonique plus tôt cette semaine, le violoniste et chef autrichien Christoph Koncz achevait sa semaine de concerts avec le Métropolitain à Pointe-Claire vendredi soir.

Âgé de 31 ans, Christoph Koncz est un violoniste, qui occupe au Philharmonique de Vienne la fonction de leader des seconds violons. À l’âge de neuf ans, il tint le rôle de Kaspar Weiss dans le film Le violon rouge de François Girard et fit ses débuts de violoniste soliste à Montréal à l’âge de 12 ans sous la direction de Charles Dutoit. Koncz dirige depuis 2013. Talent multiforme, vif et précoce : nous avions vraiment envie de le voir à l’oeuvre.

Mozart, joué et dirigé du violon, pose le problème de la gestique d’un violoniste lorsqu’il ne joue pas. Koncz en a fait énormément dans l’introduction. C’était inutile, puisque l’orchestre s’est très bien débrouillé sans lui par la suite. Koncz n’a pas besoin de prouver son ascendant de chef : il l’est naturellement et, en la matière, la sobriété est toujours le meilleur choix. Le fait que l’alchimie ait été parfaite alors que Koncz jouait ses solos en a été la meilleure preuve. Il n’y avait donc pas lieu de « surdiriger » par ailleurs.

Le fait majeur de ce Mozart était toutefois l’élégance absolue du jeu du soliste, une prestation d’une grande pureté et d’un classicisme façon Szeryng, sans la moindre enluminure. On remarquait aussi l’orchestre nourri, un son rond plutôt qu’émacié.

Le tempérament de chef éclatait dans la petite symphonie de Schumann qui n’en porte pas le titre. La gestique de Koncz est claire, enthousiaste ; il porte les musiciens et les encourage, stimulant par exemple le lyrisme de l’Ouverture et l’énergie du Finale.

L’acoustique compacte de l’église de Pointe-Claire, qui rehausse les nuances et amène à séparer les contrebasses des violoncelles, n’aide pas à juger de la vraie finesse de l’interprétation de la 2e Symphonie de Brahms par Koncz. Dans ce que nous avons entendu, les nuances des vents étaient un peu relevées, mais il ne pouvait en être autrement. Les cors, par ailleurs, n’avaient pas tout à fait leur rayonnement habituel.

Dans cette oeuvre comme sur scène, et probablement dans la vie, Koncz sourit à la musique. On ne sent pas les grandes affres de la mélancolie d’interprètes tels que Fricsay ou Sanderling, ni la combativité des versions viennoises de Schuricht ou Kleiber. Mais avec beaucoup de bon sens, Koncz opère par accumulation d’énergie, plaçant presque sa Seconde dans un prolongement de la Première, en un grand mouvement de « libération symphonique post-beethovénien » culminant dans un finale rayonnant.

Christoph Koncz reviendra à Montréal. C’est sûr !

Tempête et passion

Mozart : Concerto pour violon no 4. Schumann : Ouverture, Scherzo et Finale. Brahms : Symphonie no 2. Orchestre Métropolitain. Soliste et chef : Christoph Koncz. Pointe-Claire, vendredi 22 mars.