L’étonnante affaire du jazz

Jazz Affair est un groupe fondé à Québec et rassemblant six chanteurs. En fait d’instruments, chacun d’entre eux les imite à la manière d’un Bobby McFerrin.
Photo: Charles Vo Jazz Affair est un groupe fondé à Québec et rassemblant six chanteurs. En fait d’instruments, chacun d’entre eux les imite à la manière d’un Bobby McFerrin.

La voix, ça vous dit, évidemment. A cappella, ça vous dit toujours ? Genre The Manhattan Transfer, sans le caractère ou côté singe savant de cirque ? Si c’est le cas, si tout cela vous dit comme dans Dizzy, alors Jazz Affair vous donnera son comptant de contentement.

Au ras des pâquerettes, cela donne ceci : l’« Affaire jazz » est un groupe fondé à Québec et rassemblant six chanteurs. Leurs noms ? Luce Bélanger, Marie-Pier Deschênes, Camille Legault-Coulombe, Jean-François Aubin, Louis Laprise et Christian B. Poulin. Il n’y a pas d’instruments. Enfin, c’est pas tout à fait ça.

En fait d’instruments, chacun d’entre eux les imite à la manière d’un Bobby McFerrin. Ils ne font pas les bâillements de crocodile chers, par exemple, aux trombones ou les longues plaintes prisées des saxophonistes et autres cuivres. Par contre, ils font la contrebasse et les percussions. Ils font la rythmique sans le piano. Et ils font cela comme des cadors ou, comme disent les locaux, comme des champions.

Autrement dit, quand l’un et l’autre chantent les paroles, les autres les ponctuent à coups de points, de virgules, mais aussi du trop négligé point-virgule. Quoi d’autre ? Intitulée Wishes sur l’étiquette Jazz Affair, tout simplement, cette aventure musicale est placée sous le patronage de la baronne Pannonica de Koenigswarter. Bon.

D’origine britannique, la baronne fut la protectrice des musiciens de jazz en général et de Charlie Parker, Thelonious Monk et Bud Powell en particulier. Aussi fantasque que généreuse, elle fut le sujet de nombreuses compositions. Cela explique ceci : le programme fixé par les membres de Jazz Affair tourne autour de Nica, ainsi que l’appelaient les musiciens dans les années 1950 et jusqu’à sa mort en 1988.

Notre formation propose donc : Anthropology de Parker, Nica’s Dream d’Horace Silver, Round Midnight et In Walked Bud de Monk, Bouncing with Bud de Powell ainsi que I Wish de Stevie Wonder, Armando’s Rhumba de Chick Corea, On the Sunny Side of the Street de Jimmy Hugh, A Dream Is A Wish Your Heart Makes de David Mack, Al Hoffman et Jerry Livingston, ainsi qu’une pièce originale écrite par Jean-François Aubin et baptisée Jour heureux et un classique de la chanson française écrit par le « fou chantant » : Que reste-t-il de nos amours ?.

L’album que nous proposent ces six artisans de la voix malaxée sous toutes les formes possibles et imaginables est une sympathique traduction musicale du charme.

Renouer avec Léveillé

Pour une autre année, le pianiste, compositeur et arrangeur Yves Léveillé sera l’artiste en résidence à l’Outremont au cours des trois prochains mois. Plus exactement, il a organisé quatre concerts. On aura manqué celui du 20 mars. On pourra attraper celui du 17 avril avec le saxophoniste Roberto Murray, le batteur Martin Auguste et le contrebassiste Daniel Lessard, qui y rencontreront des plus jeunes qu’eux.

Le 22 mai, le pianiste déclinera son nouvel album en compagnie de Yannick Rieu au saxophone ténor, Jacques Kuba-Séguin à la trompette, Guy Boisvert à la contrebasse et Kevin Warren à la batterie. Puis le 12 juin, pour clore la série, Yves Léveillé a invité le multi-instrumentiste Paul McCandless, la pianiste Eri Yamamoto et le batteur Ikuo Takeuchi. Chaque concert sera précédé d’un « casse-croûte avec les artistes », qui se déroulera de 19 à 20 h.

En spectacle cette semaine

Samedi soir au Théâtre Rouge du Conservatoire, le tromboniste Jean-Nicolas Trottier dirigera l’Orchestre national de jazz de Montréal. Au programme : une suite composée il y a plus de soixante ans de cela par Johnny Richards, intitulée Fuego Cubano. Ce dernier avait écrit la suite en question au bénéfice du big band de Stan Kenton. Le spectacle débute à 19 h 30. Prix du billet : 20 $ ; 8 $ pour les étudiants.