Akaline Kidal, Ahmed Ag Kaedy

Le blues et le rock touaregs sont célébrés récemment, ouvrant, lentement mais sûrement, une brèche sur la scène musique « mainstream », grâce notamment à la popularité énorme des vétérans de Tinariwen ou encore aux tournées des Filles de Illighadad. Des artistes comme Mdou Moctar ou Imarhan se sont aussi illustrés par leur métissage entre le son tichoumaren et les possibilités de l’électro. Ahmed Ag Kaedy, membre du collectif Amanar, se pose, avec son solo Akaline Kidal, un peu à contre-courant de ses camarades de courant. Dans un huis clos émouvant où seulement l’artiste, sa guitare plaintive et un enregistreur cassette 8-pistes ont eu le droit de parole, Kaedy, exilé de sa Kidal natale par la crise au Mali, est le narrateur d’une complainte amère, belle et simpliste. Ode à la résilience de tous les déplacés, cet album enregistré dans un sous-sol de Portland porte en lui la beauté du dénuement du folk, peu importe la langue dans laquelle les mots sont prononcés.

Akaline Kidal

★★★★
Folk touareg

Ahmed Ag Kaedy, Sahel Sounds