Liv, Daniel Blumberg and Hebronix

Quatre ans avant Minus (2018), à l’époque de son pseudonyme Hebronix, Daniel Blumberg avait enregistré en trois jours un album resté depuis inédit. Liv, l’inattendu tout juste révélé, commence comme un orage : grands coups de guitare électrique et spasmes filandreux de violon, avec un intense bruit de fond où s’introduit parfois un harmonica. À un certain moment de ce début d’apocalypse, Daniel Blumberg chante ou fredonne paisiblement, comme si de rien n’était — le contraste est fascinant. Peu à peu, le calme chassera la tempête avec Digital, faisant de la rencontre entre guitare, violon et contrebasse, les trois maîtres des collisions de cet album graveleux, un bel oeil d’ouragan. Si une sensibilité pointe sur Off and On et Life Support, le pic de colère de la menaçante Caught (17 minutes) est certainement le paroxysme de l’album. Avec ces mélodies atypiques et acharnées, qu’on dirait raclées dans ses viscères, le musicien britannique montre encore une fois qu’il sait tirer une incroyable puissance de ses pertes de sens.

Liv

★★★ 1/2
Expérimental

Daniel Blumberg and Hebronix, Mute