Elles, Marina Thibeault et Marie-Ève Scarfone

L’altiste Marina Thibeault rassemble des œuvres de compositrices. On connaît surtout Clara Schumann, qui ouvre le programme, et Fanny Mendelssohn, sœur de Felix, ici étrangement intercalée sous son patronyme marital Hensel entre Nadia Boulanger et Rebecca Clarke, compositrices plus tardives. Les originalités du programme sont deux œuvres pour alto seul — la Sonate pastorale (1956) de Lillian Fuchs (aride pour les non-altistes) et The Child, Bringer of Light (2012) d’Anna Pidgorna (contemporain intéressant). L’œuvre majeure est la sonate de Rebecca Clarke (1886-1979). Dans la version de référence, Tabea Zimmermann et Kirill Gerstein (sur la confidentielle étiquette Myrios) ont eu la clairvoyance de la coupler avec Brahms dont cette musique est si parente. Le concurrent de Marina Thibeault est l’anthologie Clarke de Naxos avec la sonate par Philip Dukes. Les deux font jeu égal, sauf, hélas, pour la captation sonore, plus aérée chez Dukes. Comment peut-on aller dans la miraculeuse salle du Domaine Forget et en sortir pareil son confiné ?

Marina Thibeault joue la sonate de Rebecca Clarke

Elles

★★★ 1/2
Classique

Œuvres de Clara Schumann, Nadia Boulanger, Fanny Hensel, Marina Thibeault (alto), Marie-Ève Scarfone, Atma ACD2 2772