Le chanteur du groupe The Prodigy, Keith Flint, est mort

Keith Flint lors d’une performance à Séoul en 2015
Photo: Ed Jones Agence France-Presse Keith Flint lors d’une performance à Séoul en 2015

Leader du groupe d’électro The Prodigy, Keith Flint, retrouvé mort lundi à l’âge de 49 ans, avait fait sortir la musique raveunderground des scènes anonymes — parfois illégales — pour remporter un succès international, signant sept albums écoulés à 30 millions d’exemplaires.


« C’est avec un grand choc et une profonde tristesse que nous confirmons le décès de notre frère et meilleur ami Keith Flint », a annoncé le groupe dans un communiqué.


« Un véritable pionnier, un innovateur, une légende. Il nous manquera pour toujours. »


Liam Howlett, autre membre du groupe, a annoncé sur Instagram que le chanteur « s’est donné la mort au cours du week-end ». Son corps a été découvert dans sa maison du comté d’Essex, dans le sud-est de l’Angleterre, par la police locale.


La police de l’Essex a affirmé dans un communiqué que son décès « n’était pas considéré comme suspect ».


De danseur à chanteur


Personnage charismatique au look démoniaque, avec ses cheveux hérissés et teints, ses perçages corporels et ses tatouages, Keith Flint avait frappé les esprits avec son interprétation du titre Firestarter, en 1996, qui avait atteint la tête des palmarès britanniques, et lui avait valu de changer de statut, passant de danseur du groupe à chanteur.


Mixant des éléments technos et de breakbeat, forgé dans certaines fêtes raves illégales au Royaume-Uni, The Prodigy était devenu l’un des groupes les plus influents de la scène underground, après la sortie de l’album The Fat of the Land, en 1997.


« Il y avait une vraie volonté de ne faire aucun compromis », avait déclaré Flint à l’AFP en 2015. « On avait vraiment besoin d’un antidote à la scène DJ, d’où une certaine brutalité. »


La formation a toujours défendu un style et un ton plus virulent que les autres groupes rave britanniques, parmi lesquels The Chemical Brothers ou Fatboy Slim.


Très critiques envers l’ordre établi, The Prodigy avait pris fait et cause contre une loi votée en 1994 par le Parlement britannique qui interdisait les fêtes rave.


Le succès controversé Smack My Bitch Up, l’un des premiers succès mondiaux du groupe, avait été dénoncé comme misogyne et interdit de diffusion notamment sur la BBC.


Ce titre « condense non seulement le son électrique euphorique, mais aussi les gros beats et la basse », avait déclaré Keith Flint au fanzine Repeat dans l’un de ses derniers entretiens, publié récemment.


« Nous l’avons toujours joué depuis que nous l’avons composé, je dirais donc que c’est vraiment le morceau qui représente le mieux » l’identité du groupe.


Né à Londres en 1969, Keith Charles Flint a grandi dans l’Essex. Au tournant des années 1990, c’est dans une boîte de nuit qu’il a rencontré Liam Howlett, qui deviendra à ses côtés le cofondateur de The Prodigy et le principal compositeur du groupe.


L’annonce de sa mort a provoqué une vague de réactions attristées dans les milieux artistiques.


« Tellement triste d’entendre la nouvelle concernant Keith Flint. Il était toujours très amusant, et très sympa avec Tom [Rowlands] et moi-même quand on a commencé à faire des spectacles ensemble », a tweeté Ed Simons, du duo electro britannique The Chemical Brothers.


Le duo Chase and Status, autre formation majeure de la scène électro britannique, s’est dit « anéanti par cette nouvelle tragique ». « Nous ne serions pas là sans Keith et sa musique », ont-ils affirmé.


Le décès survient alors que The Prodigy avait entamé une tournée internationale pour promouvoir son septième album, No Tourists. Sorti en novembre 2018, il s’était, comme chacun des albums précédents, classé en tête des ventes au Royaume-Uni.


Le groupe devait notamment se produire en Colombie et en Autriche début avril, avant plusieurs dates aux États-Unis au mois de mai et un retour en Europe au cours de l’été.