Que révèle l’ultime saison de Kent Nagano à l’OSM?

Kent Nagano fera ses adieux à Montréal aux sons de la symphonie «Résurrection» de Mahler les 2, 3 et 4 juin 2020.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Kent Nagano fera ses adieux à Montréal aux sons de la symphonie «Résurrection» de Mahler les 2, 3 et 4 juin 2020.

L’Orchestre symphonique de Montréal a dévoilé jeudi sa saison 2019-2020, la dernière du mandat de Kent Nagano. Le chef fera ses adieux à Montréal aux sons de la symphonie Résurrection de Mahler les 2, 3 et 4 juin 2020.

Kent Nagano ouvrira cette ultime saison, le 17 septembre, avec les accents douloureux de la 13e Symphonie de Chostakovitch et enchaînera avec la 5e Symphonie de Mahler. L’oeil des observateurs ne peut pourtant s’empêcher d’être attiré en premier lieu par ce qu’il advient du défilé des prétendants à la succession de notre maestro sur le départ.

De quoi l’avenir sera-t-il fait ? Et quand ? Bien malin qui saurait le dire à la lecture de cette saison, car tout semble indiquer que l’OSM se donne le temps de la réflexion. Deux fortes candidatures potentielles françaises se succéderont en mars 2020, avec Lionel Bringuier et, surtout, Louis Langrée, enfin invité à Montréal. Bringuier, 32 ans, entre dans un club « sélect » qui apparaît désormais : celui des chefs réinvités.

Cinq revenants

Plusieurs noms attirent le regard : François-Xavier Roth, en octobre, un immense coup de coeur de cette saison, ou Vasily Petrenko et Juanjo Mena, partis en tête au début du processus. Mais Lionel Bringuier revient au même titre que Jérémie Rhorer. Dans ce cadre, les deux noms qui, de manière surprenante, ne reviennent pas à ce stade sont Rafael Payare et Alain Altinoglu. À noter que Roth et Rhorer sont particulièrement « challengés » dans leur répertoire et obligés de se frotter à Richard Strauss (Heldenleben pour le premier, Zarathoustra pour le second), alors que Petrenko, Mena et Bringuier sont quasiment en « roue libre » dans leur élément musical naturel.

Lesquels des invités sont, comme on peut l’imaginer de Louis Langrée, de nouveaux prospects potentiels ? On l’espère pour James Gaffigan et Edward Gardner. Pourquoi pas Lorenzo Viotti ou Cristian Macelaru ? En tout cas, certains axes de recherche semblent évacués, notamment la piste féminine et les chefs d’un certain âge, l’orchestre semblant viser les quadragénaires ou jeunes quinquagénaires.

Ce que cela nous laisse à penser du processus, c’est que sauf accord miraculeux et inattendu, l’OSM n’aura pas raisonnablement de directeur musical à pied d’oeuvre en 2020-2021, voire en 2021-2022. Si la saison à venir est utilisée pour faire un choix mûri au milieu de l’année 2020, l’élu pourrait commencer raisonnablement sa tâche à l’automne 2022, ce qui ne l’empêchera pas de nous visiter autant que faire se peut en tant que directeur musical désigné.

Les cinq derniers feux de Kent Nagano

17 et 18 septembre. Babi Yar de Chostakovitch et la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov avec Denis Matsuev.

 

27 et 28 novembre.Création d’une oeuvre pour violon et orchestre de Samy Moussa et 4e Symphonie de Bruckner.

 

17 janvier. La 9e Symphonie de Schubert (l’oeuvre avec laquelle il a séduit l’OSM).

 

18 et 20 février. Création nord-américaine de la Symphonie pour orgue et orchestre de Pascal Dusapin.

 

2, 3 et 4 juin. Concert de clôture : la 2e Symphonie de Mahler avec en solistes Camilla Tilling et Mihoko Fujimura.

 
Trois visites hors normes
 

23 et 24 octobre. András Schiff joue et dirige Haydn, Beethoven Brahms et Bartók.

 

6 février. Dans la série « Récitals », Rudolf Buchbinder joue la 3e Suite anglaise de Bach, l’Appassionata de Beethoven et la Sonate D. 960 de Schubert.

 

4 et 5 mars. Valery Gergiev dirige l’OSM dans la 9e Symphonie de Bruckner.