Première apparition, Laurence-Anne

L’écouter souvent, c’est finir par l’adopter. Il y a une vision sur ce premier album de l’auteure-compositrice-interprète Laurence-Anne ; elle est floue mais palpable. Un son, aussi, indie rock teinté de chanson folk, érigé notamment avec l’aide du guitariste David Marchand et du percussionniste-claviériste Étienne Côté, lequel s’illustre dès les premières notes de marimba de Botanique ouvrant ce bref album de neuf compositions. Mais au détour de chaque chanson, on a l’impression que tout finira par s’écrouler : évitant les structures naturelles, Laurence-Anne et sa plume déstabilisante explorent, au risque de s’y perdre, la chanson prog-pop-rock, une démarche rappelant le Karkwa des débuts. C’est sa voix, plus que ses mélodies ou ses textes, qui permet à Première apparition de tenir en équilibre : belle, à fleur de peau sur Poison, la plus touchante du disque, dissimulée et hantée sur l’étourdissante Dents de scie, envoûtante sur Yeux-bactérie, ludique sur la colorée C’est un virus. De la chanson fourmillante mais farouche.


Première apparition

★★★ 1/2
Pop-rock

Laurence-Anne, Ambiances Ambiguës