Edgar Moreau, Raphaël Merlin

Ce programme formidablement iconoclaste associe le Concerto militaire d’Offenbach (1847) et le Concerto pour violoncelle et vents de Gulda (1980), objet musical déjanté mêlant rock, romance tyrolienne, menuet façon ménestrel, cadence contemporaine et finale de taverne bavaroise où surgissent des réminiscences des univers précédents. Offenbach avait été, jadis, remis sur la carte par un CD d’Ofra Harnoy (RCA). Cette nouveauté repose sur une partition développée (notamment du finale qui lui vaut son surnom) qui porte sa durée à 40 minutes. Enregistrement sans concurrence par ce jeune surdoué qui se joue des difficultés. Le cas de Gulda est moins tranché, car il y a dans le coffret du Festival de Lugano 2006 (EMI) une version quasi parfaite de Gautier Capuçon, qui ne manque que le menuet, survolé sans caractère, alors que Moreau en fait un temps fort d’une interprétation captée de manière trop sèche avec un violoncelle trop en avant. Schiff-Gulda en CD (1981, sec aussi) et, surtout, vidéo en 1988 restent inimitables dans le finale.

Écoutez l'ouverture du Concerto pour violoncelle et vents de Gulda

Edgar Moreau

★★★ 1/2
Classique

Concertos pour violoncelle d’Offenbach et Gulda, Les forces majeures, Raphaël Merlin, Erato, 9029552612