Solitude, King Midas Sound

Il y avait bien sûr quelque chose de malicieux à lancer un disque pareil le jour de la Saint-Valentin. Solitude, qu’il s’appelle, le quatrième album du duo King Midas Sound : le désespoir, l’amertume, le rejet, les regrets et la colère qui accompagnent parfois une rupture amoureuse. Après trois fascinants albums de dub électronique bruitiste, le vétéran compositeur-producteur Kevin Martin ne conserve des racines jamaïcaines de son projet originel que la saveur de l’accent de son acolyte, le dub poet Roger Robinson, alors qu’il met en scène ses récitations, réflexions et cris d’alarme dans des orchestrations pratiquement dénuées de rythmes. De denses et précises nappes atmosphériques viennent plutôt appuyer, à leur savante manière, le thème de ce disque poisseux, parfois même toxique, comme sur la malsaine Who. Un disque-concept qui ne s’écoute pas à la légère : la voix de Robinson, posée mais inquiétante, requiert toute notre attention, et Martin élabore un décor sonore pour nous y inviter.


Solitude

★★★ 1/2
Expérimental

King Midas Sound, Cosmo Rhythmatic