L’éternel retour, Barrdo

Barrdo ? Un fou. Ou un génie, le jury délibère toujours. C’est moins apparent sur la première moitié de son grandiloquent nouvel album, L’Éternel retour,où ritournelles folk et irradiantes chansons pop-rock exposent d’abord son flair pour les refrains accrocheurs. Ensuite, ça dérape : à la mi-album, l’auteur-compositeur-interprète (Pierre Alexandre, membre de Lac Estion et de Fuudge) assomme avec le mantra Tôt ou tard, neuf orchestrales minutes, la chorale, la section de cuivres, les violons, tout le monde est convié, là où y’a de la gêne, y’a pas de plaisir. Deux chansons plus loin, l’austère groove rock donnant son titre à l’album s’étire pendant plus de onze minutes. Les sept minutes de Ça y est auraient pu figurer sur L’Heptade, et sur Elle qui suit, il nous refait Hey Jude avec la voix des hymnes nationaux au hockey qui gueule au fond de la cuisine. Quatorze chansons, 70 minutes d’un mélange étonnamment cohérent de prog, de folk, de rock, ce disque est magnifiquement imparfait, façon Father John Misty sur Pure Comedy. Le disque-ovni québécois de l’hiver.


L’éternel retour

★★★ 1/2
Rock

Barrdo, Poulet Neige