Quiet Signs, Jessica Pratt

Quiets Signs est ce petit vent qui donne la chair de poule à la fin de l’été, la musique-volute qui précède l’arrivée des étoiles. Quatre ans après le déjà remarquable On Your Own Love Again, ce troisième album de Jessica Pratt fait de se perdre une chose majestueuse. La musicienne américaine a toujours sa voix puérile où traîne une certaine fatigue nasillarde, mais son monde lyrique est plus rêveur, plus spirituel, peut-être plus noir aussi, entre chamber folk et dream folk. Toute la magie de Jessica Pratt tient dans son interprétation retenue, vocale comme instrumentale, qui donne l’impression de naviguer le coeur en avant dans une brume chaude et sèche. À sa guitare acoustique s’ajoutent ici un piano (ésotérique sur Opening Night) et une flûte (en solo tournoyant sur Fare Thee Well), brèves irruptions qu’on pourrait avoir imaginées. Mais Crossing, avec ses spirales et ses croisements, est le point culminant de l’album : c’est la rencontre entre l’intérieur gravissime de Jessica Pratt et son extérieur maniéré, terriblement libre.


Quiet Signs

★★★★
Dream Folk

Jessica Pratt, City Slang