Pourchasser l’aube, Caroline Savoie

Sur son deuxième album, Caroline Savoie passe de l’ombre à la lumière — le cliché est ici répété en lien avec les textes de l’auteure-compositrice-interprète, qui trop souvent revisitent des lieux communs… Par pudeur, peut-être, car la dépression qu’elle a vécue et sur laquelle elle met des mots l’aura bouleversée, ainsi ce disque recèle plusieurs moments bouleversants portés par sa voix tendre et doucement cassée : la sombre et superbe Est-ce qu’on en revient, noyée dans les guitares diffuses et la réalisation (fameuse jusqu’à la 11e chanson) de Philippe Brault, 150 mg, soufflante de vulnérabilité, l’acoustique et horizontale Le jeu, qui souligne combien Savoie est une excellente mélodiste, ce disque en est farci. Sa chanson pétrie de rock indé et de folk retrouve enfin la joie de vivre en fin de disque avec le doublé Les princes charmants et l’entêtante Jusqu’au dernier souffle, une profession de foi musicale gonflée par une belle section de cordes. C’est un impressionnant bond en maturité que fait ici la vingtenaire depuis son premier album paru en 2016.

Écoutez Mille et un

Pourchasser l’aube

★★★ 1/2
Chanson

Caroline Savoie, Spectra Musique