Nighttime Birds and Morning Stars, Sarah Louise

Ceci n’est certainement pas une musique terrestre. Nighttime Birds and Morning Stars est plutôt l’étonnant voyage spirituel de la guitariste américaine Sarah Louise, grande fresque stellaire qui n’a rien à voir avec ses albums précédents. Son folk des Appalaches n’est plus qu’un vague souvenir ; la musicienne fait ici une expérience glissante aux attributs new age et psychédéliques, où perce la lumière faiblarde d’un lointain cosmos. Voyez : sa guitare acoustique à 12 cordes a été rangée au profit d’une guitare électrique imprévisible et de manipulations synthétiques d’intensité variable — les essais sonores génèrent des grincements, des filets incantatoires, des courants rapides comme une rivière au printemps. Sur Rime, on croirait même entendre (fugitive illusion) le son étouffé d’un gamelan, cet orchestre indonésien de percussions. Dépaysant, assurément. Et sa voix : comme un ange qui évacuerait sa douleur. Toute l’étrangeté de cet album lui confère, à terme, une beauté paradoxale — car on flotte, toute structure ayant disparu.


Nighttime Birds and Morning Stars

★★★ 1/2
Folk expérimental

Sarah Louise, Thrill Jockey