Encores 2, Nils Frahm

Fidèle à sa promesse, Nils Frahm continue de livrer au compte-gouttes les replis de son studio berlinois. Huit mois après Encores 1, voici enfin Encores 2, avant-dernier de trois microalbums qui rassemblent, en petites bulles cohérentes, le matériel créé dans le sillage d’All Melody. Cette fois, le compositeur allemand dévoile le flanc ambient de ses travaux — les mélodies, douces, se superposent ici à un canevas granuleux plein d’échos. Une subtile gradation de sens fait bel effet : Sweet Little Lie opère en boucles méditatives, forte d’un piano aux arpèges séduisants ; A Walking Embrace montre un visage plus grave, avec un dessin de cordes en arrière-plan ; Talisman lâche enfin un souffle pompeux digne d’une musique de film avant de céder sa place à Spells, longue piste qui ferme l’album, comme le faisait Harmonium in the Well sur Encores 1 : de manière spectaculaire, avec 12 minutes de voyage cosmique aux synthétiseurs, sans temps mort, où des chants choraux font figure de hurlements divins. Vraiment, Nils Frahm est un spécialiste de l’état second.

Encores 2

★★★★
Néoclassique

Nils Frahm, Erased Tapes