Memory, Hélène Grimaud

Le parcours discographique d’Hélène Grimaud est décidément en dents de scie et les déceptions commencent à prendre le pas sur les révélations. Nous avions écouté Memory il y a un mois avant de laisser reposer le CD en nous disant « ce n’est pas possible que ce soit aussi mauvais ». Eh bien, si ! En gros, c’est comme un disque de verre, cristallisé autour d’aigus qui tournoient dans l’ambiance « piano lounge » d’une salle vitrée. On n’imaginait même pas que des gens enregistraient comme ça chez DG… Dans ce salon, ou ce bar (en réalité, une église !), Hélène Grimaud pianote des choses, on ne sait trop pourquoi. Debussy succède à Silvestrov et prélude à Satie. Puis apparaît du Chopin. Debussy est fort anecdotique, notamment La plus que lente. Mais le supplice de la goutte d’eau atteint son comble dans la 1re Gnossienne de Satie, où un rubato étrange fait que maintes notes appogiaturées sont jouées juste un peu après le temps, donnant une sensation de roulis. La chose trouve son triste pendant dans la Mazurka op. 17 n°4 de Chopin.

 

Hélène Grimaud joue la 1re Gnossienne de Satie

Memory

Classique

Œuvres pour piano seul de Debussy, Satie, Chopin, Silvestrov et Sawhney, Hélène Grimaud, DG B0029051-02