Le duo Prieur et Landry lance un deuxième album, «Surreal Memories»

Gabriel Prieur et Éliot Landry, aussi connus sous le nom de Prieur & Landry, ont déjà joué sur de grosses scènes, durant le Festival de musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue ou celle du parc de la Francophonie en première partie de The Cult, lors de l’édition 2016 du Festival d’été de Québec, mais le duo préfère les scènes de taverne.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Gabriel Prieur et Éliot Landry, aussi connus sous le nom de Prieur & Landry, ont déjà joué sur de grosses scènes, durant le Festival de musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue ou celle du parc de la Francophonie en première partie de The Cult, lors de l’édition 2016 du Festival d’été de Québec, mais le duo préfère les scènes de taverne.

C’est le retour du Taverne Tour, le parfait prétexte pour braver le froid et écouter de la bonne musique collé sur son voisin. À l’affiche mercredi soir à la Taverne Saint-Sacrement de l’avenue Mont-Royal, le duo stoner/blues rock Prieur & Landry, qui lance son second disque, intitulé Surreal Memories. Il a certes déjà joué sur de grosses scènes, durant le Festival de musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue en 2015 ou encore celle du parc de la Francophonie en première partie de The Cult, lors de l’édition 2016 du Festival d’été de Québec, mais c’est sur les petites scènes de tavernes qu’il prend son pied.

« Pour avoir joué aussi dans les plus grosses salles, je pense que je préfère encore les petites », admet Éliot Landry, batteur. Il faut toutefois faire une distinction, insiste son collègue Gabriel Prieur, chanteur et guitariste, qui explique : « D’abord, il y a les tavernes comme celle où on joue et qui ne donnent pas souvent de spectacles, et les vrais bars à spectacles. » Les deux seront investis par le microfestival Taverne Tour, pour une quatrième année.

« Moi, ce que j’aime, ce sont les bars à spectacles, poursuit Gabriel. C’est là que je me tiens. J’aime l’ambiance des petites places, du band en avant, nous avec eux, et eux avec nous. Moi, j’aime ça aller voir Black Sabbath au Centre Bell parce que c’est un groupe classique, mais dans le fond, t’entends mal, tu vois à moitié, tu prends quelques bières, puis tu rentres chez toi. » C’est tout le charme du Taverne Tour, insiste le duo : le spectacle terminé, le bar reste ouvert, les spectateurs et les musiciens se côtoient autour d’une bière fraîche.

Ainsi, Prieur & Landry était à La Malbaie vendredi dernier pour boire et jouer avec les Charlevoisiens, sur la route le lendemain pour jouer à L’Ouvre-Boîte culturel de Baie-Comeau — « On a roulé dans la tempête, devant, on ne voyait que de la neige », rit Prieur. Landry poursuit : « Les petites salles, les spectacles à la bonne franquette, quand ça sonne bien, c’est le fun ! À l’auberge de jeunesse de La Malbaie, on jouait sur le plancher. « Faut que je fasse attention quand je donne des coups de snare, si c’est trop fort, ça résonne partout dans la salle. » Gabriel le coupe : « Je pense que t’as bûché assez fort sur ton drum de toute façon. Comme chaque fois — tu joues fort ! »

Dès le cégep

Tous deux originaires de la région de Lanaudière, Prieur et Landry se sont rencontrés sur les bancs du cégep de Joliette il y a une douzaine d’années. Les deux inscrits au programme de musique se découvrent des atomes crochus grâce à leurs goûts musicaux — « La musique qu’on écoute, c’est celle de nos parents : le rock », dit Éliot — et à leurs jam-sessions, à deux. « Lui à la batterie, moi avec ma guitare branchée dans un vieil ampli de basse. On ne s’imaginait pourtant pas que c’était pour aboutir à un projet en duo, c’t’affaire-là. »

À tel point que leur premier vrai projet fut un quatuor rock, qui a lancé un album en 2011. « On ne pouvait pas concevoir de faire ce genre de musique seulement à deux », admet Gabriel. Comme le font pourtant les Black Keys, auxquels il serait cependant audacieux de les comparer : s’ils partagent le même ADN blues-rock, le son de Prieur & Landry, lui, est plus langoureux et sombre, avec ses touches progressives et un style qui cache mal son amour du grunge, celui d’Alice in Chains et de Soundgarden — la voix de Gabriel, d’ailleurs, a un timbre rappelant vaguement celui de feu Chris Cornell.

Réalisé par Ryan Battistuzzi, le nouvel album du duo s’éloigne du lo-fi de son précédent album (alors enregistré en une journée) grâce au raffinement du son de la guitare de Gabriel. « Je pense qu’on a aujourd’hui un son plus heavy, plus imposant, dit-il. Lorsqu’on a commencé à jouer à deux, je trouvais toujours qu’on manquait de basses dans le son. Me suis acheté une petite pédale à cent piasses — ça, plus les trois amplis, ça fait le travail. L’idée de base a toujours été de pouvoir prendre le plus de place possible, seulement à deux musiciens. » Ils ont assurément appris à occuper toute la place dans une taverne.


À boire et à entendre au Taverne Tour

LEMONGRAB
Un autre lancement d’album, le premier celui-là du jeune trio punk féminin (passé à cinq membres sur scène) LEMONGRAB, intitulé It Doesn’t Sound Good But if Feels Awesome. Avec ensuite une performance du groupe Jesuslesfilles, cette soirée s’annonce comme une valeur sûre. 1er février, 21 h 30, Chez Baptiste.

Ellemetue
Triplé expérimental avec, en tête d’affiche, le duo Ellemetue qui présentera les compositions de son tout récent album En pays lointains. En ouverture, la pop avant-gardiste de N Nao — la musicienne a lancé son EP À jamais pour toujours il y a deux mois — et le trio Victime. 1er février, 22 h, Casa del Popolo.

Pizza party avec Grim Streaker
Un seul groupe, l’orchestre brooklynois Grim Streaker, qu’on ira découvrir autant pour son alliage de punk, rock’n’roll et goth rock que pour la pizza offerte à volonté. 1er février, minuit, Le Ministère.

Les Deuxluxes
En attendant la sortie du prochain album des Deuxluxes, une soirée aux tons rock vintage avec Chacal et le DJ new-yorkais Jonathan Toubin. 2 février, 21 h, Le Ministère.

Yonatan Gat & The Eastern Medecine Singers
Paru en mai 2018, l’album Universalis du compositeur et guitariste new-yorkais Yonatan Gat est un fascinant ovni, entre musique d’avant-garde, jazz expérimental, musique yiddish et surf rock, le tout agrémenté des voix des musiciens autochtones de Eastern Medicine Singers. Yamantaka // Sonic Titan complète l’affiche. 2 février, 22 h, La Sala Rossa.