Mozart, Mathieu Herzog

« Esprit es-tu là ? » Un coup pour « oui » ; deux coups pour « non ». Ici, il y a tellement de coups que la réponse « non, non, non… » ne fait guère de doute. Cette parodie de séance de spiritisme décrit un disque frappant (39e et 41e sont des concertos pour timbales) qui, 12 ans après le désastre des Symphonies nos 40 et 41 par Minkowski, l’un des pires CD du catalogue Archiv, laisse à penser que les Français ont un compte à régler avec Mozart. Le schéma est clair : une bande de musiciens amis s’amuse à prendre la musique à bras-le-corps et à en découdre avec celle-ci dans une performance athlétique. On a connu cela avec Il Giardino Armonico dans Vivaldi. On est ébahi un temps, on ne réécoute jamais. Ici, seule la 40e surnage un peu, même si le 3e mouvement trahit la démarche velléitaire. Pas une mesure ne véhicule l’idée que Mozart était un compositeur d’opéra, un hédoniste du chant et un dramaturge. Comme Harnoncourt et quelques autres savent faire la différence entre Wolfgang Amadeus et Raging Bull, ce n’est pas bien grave.


Écoutez un extrait des trois dernières symphonies de Mozart, interprétées par l'Ensemble Appassionato

Wolfgang Amadeus Mozart

★★
Classique

Symphonies nos 39, 40 et 41, Ensemble Appassionato, Mathieu Herzog, Naïve, 2 CD, V 5457