Why Hasn’t Everything Already Disappeared?, Deerhunter

Bradford Cox n’a rien perdu de sa superbe ni de sa verve, comme en témoigne le huitième album du groupe qu’il pilote, Deerhunter, enregistré dans un bled texan à deux heures d’où Trump souhaite ériger sa muraille. Si le climat délétère qui empeste aux États-Unis force les préoccupations, les thèmes et les images de l’auteur, sa musique, elle, renvoit à des contrées nettement plus optimistes. On pense à la Californie de Buffalo Sprinfield sur Death in Midsummer ou au verdoyant village des Kinks auquel Cox fait allusion sur No One’s Sleeping, l’une des plus entêtantes mélodies du disque — retenons également celle de Futurism, petit bijou psyché-pop. L’occasionnelle incartade synthétique, comme les étranges claviers de Détournement et l’angoissante Nocturne, viennent dissiper toute velléité trop rétro de Deerhunter, qui a accouché d’un disque bref et résigné, trompeusement pop, néanmoins antitrumpiste dans ses propos : « No one’s sleeping / Great unrest / In the country / There’s much duress / Violence has taken hold… »

Écoutez Death in Midsummer​

Why Hasn’t Everything Already Disappeared ?

★★★ 1/2
Rock

Deerhunter, 4AD