Gustav Mahler, Teodor Currentzis

C’est désormais évident : le Grec Teodor Currentzis (qui possède aussi la nationalité russe) est avec l’Autrichien Manfred Honeck le chef dont on guette les nouveautés avec le plus de curiosité. Il nous a donné des opéras de Mozart controversés mais passionnants, immortalisés de nuit en Sibérie pendant des séances d’enregistrement épiques, puis une Symphonie pathétique de Tchaïkovski dont chaque mesure était chargée d’intentions. Il récidive avec la 6e Symphonie de Mahler, l’une des plus funestes de l’histoire de la musique. Le travail de détail réalisé dans le volet final et la hargne de chaque accentuation sont renversants, même si les coups de marteau restent discrets. Comme la Pathétique, cette Sixième burinée est un livre d’images bourré d’histoires. Tout n’est pas parfait. Ainsi, le 2e thème du 1er volet est un peu complaisant et certaines couleurs viennoises manquent à la panoplie de l’orchestre. Mais les idées fusent, la témérité suscite l’admiration et l’acheteur vit des émotions en proportion de son investissement.

Écoutez la Symphonie no 6, interprétée par l'Orchestre MusicAeterna

Gustav Mahler

★★★★
Classique

Symphonie no 6, MusicAeterna, Teodor Currentzis, Sony 190758229522