Musique classique - Orford en toute intimité

«Grands artistes, concerts intimes» pour une «saison d'heureux contrastes», c'est le credo artistique d'Orford 2004.

La présentation du programme du festival, organisé autour des fins de semaine estivales comme une vitrine de l'intense activité du Centre d'arts (300 étudiants de 33 pays, cette année), s'est déclinée sur le mode du show, l'animatrice Monique Giroux invitant les divers protagonistes à se confesser sur un divan devant une salle plongée dans l'obscurité. Pas de place pour les questions ouvertes des journalistes dans un tel cérémonial. C'est en aparté que Roger Nicolet, président du conseil d'administration, confiera que le programme est celui qui a été ébauché et ficelé par Agnes Grossmann avant son départ en février dernier, à deux exceptions près: la représentation, avec réorchestration de John Rea, du Wozzeck de Berg (les 8 et 10 août) assurée par un tandem improvisé, composé de Yannick Nézet-Séguin et Lorraine Pintal, qui signera ainsi sa seconde mise en scène d'opéra après Le Vampire et la Nymphomane, de Serge Provost et Claude Gauvreau, ainsi que le concert d'ouverture du 29 juin, qui marque la première venue de Jacques Lacombe à Orford. Il dirigera un orchestre réduit dans Siegfried-Idyll, de Wagner, La Nuit transfigurée, de Schoenberg, et la Symphonie no 2, de Beethoven. La fonction de directrice artistique a été assurée, depuis de départ de Mme Grossmann, par la directrice générale du Centre d'arts Orford, Sophie Galaise. Un nouveau directeur artistique sera nommé à l'automne. Il aura notamment, selon M. Nicolet, à mener une réflexion sur le positionnement d'Orford et de ses activités, réflexion portant notamment sur la mission première du centre par rapport à la société québécoise et son ancrage géographique.

Parmi les temps forts de la programmation festivalière, le concert le plus original est celui de Chantal Juillet, qui a choisi, outre les Contrastes, de Bartók, et la Sonate pour violon et piano, de Debussy, deux oeuvres fort rares: la 2e Sonate pour violon et piano, de Schulhoff, et la 1re Sonate, de Medtner. Ce concert aura lieu le 23 juillet. Le rendez-vous le plus couru pourrait bien être le récital de Marie-Nicole Lemieux, qui donnera en concert le programme de lieder de Brahms qu'elle est sur le point d'enregistrer. Par ailleurs, Geneviève Soly proposera un concert Graupner, alors que les quatuors invités seront le St. Lawrence String Quartet et le Quatuor Artis. François Tousignant donnera des conférences les mardis à 19h et verra son oeuvre intitulée Trois paysages proustiens «lue publiquement» («ce n'est ni un concert, ni un déchiffrage», nous a dit Mme Galaise) par Karina Gauvin le 22 août. Renseignements et réservations: (819) 843-3981.