Complètement Corcoran, Jim Corcoran

Ce n’est surtout pas une intégrale, tout au plus un florilège, et s’il y a les titres qui comptent et qui pèsent leur poids (oui, Ton amour est trop lourd), ne comptez pas sur l’unique Jim pour se contenter de compiler. Notre amoureux des mots a voulu ici raconter une histoire, passablement la sienne, ordonnant ses chansons choisies — connues, méconnues et presque oubliées — de façon à ce que son art du verbe dessine de lui un portrait ressemblant, vu du dehors comme du dedans. Ça commence avec De quoi j’me mêle (« […] à me mêler comme ça de moi ? »), et il y a Ça tire à sa fin, fort justement juste avant la finale : une nouvelle lecture de son Éloge à la page blanche, avec Jérôme Minière en renfort et en toute amitié. Ça fonctionne par regroupements heureux (les chansons charnelles ensemble, les amusantes aussi), la musicalité rime avec méticulosité à tous les détours : on a là le rappel exquis d’un parcours libre et rigoureux, jouissif et pudique, modeste et noble. Vive Jim !

 

Jim Corcoran — Éloge de la page blanche

Complètement Corcoran

★★★★
Compilation

Jim Corcoran, Audiogram