Play Queue, Chabanel

Dans cet ouvrage sonore ténébreux et anxiogène datant de mai dernier, le duo de Montréal prépare un vortex quasi survivaliste à forte dose de synthés froids. Dans les galeries et les tunnels d’un futur monde souterrain — que les humains auront creusé pour échapper à l’apocalypse climatique — le drone dur et métallique de Chabanel coulera de toutes les enceintes assurément. La voix frontale, inquisitrice, sans artifices et franche de Jordan Torres Bussière (surtout sur Jamais, personne et Body) surplombe une coldwave ambiant et crue, une basse faite de distorsions de bruit blanc, accentuant un sentiment d’inconfort, comme quand on se sent épié par un inconnu. On est tour à tour en attente (oui, tiens, il y a une chanson qui s’appelle Le vide l’attente), en repli, avec un sentiment d’insécurité. C’est très cérébral, tout ça, mais ça n’empêche pas de sentir le cœur du truc : il bat dans chaque pièce.

 

Play Queue

★★★
Électro post-punk

Chabanel, indépendant