My Flag Is a Burning Rag of Love, Petra Glynt

Comment allier amour de la rave et appel à l’action politique ? se demande constamment une large portion de la population. Ne cherchez plus, répond Petra Glynt, artiste électro-dance-punk montréalaise qui a fait paraître en septembre son second album — poursuite de notre rétroaction des bijoux oubliés de 2018. La chanteuse et productrice, dotée d’attributs vocaux franchement impressionnants, se fait maîtresse de cérémonie à la fois présente et absente, insaisissable, à l’intérieur de ce monde baroque et touffu — les temps morts sont plus que rares — qu’elle façonne à grands traits de bidouillages, un peu coldwave (I’m Watching You), un peu euroclash. Il y a du Grimes (Legacy) là-dedans, mais aussi un peu d’of Montreal dans la percussion. Mme Glynt est comme une Kate Bush de l’ère Internet : une mystérieuse sirène du vibrato. Sauf que celle-ci parle de la crise de l’eau à Flint et du mouvement #MeToo. Sur la piste de danse.
 

My Flag Is a Burning Rag of Love

★★★ 1/2
Art pop

Petra Glynt, Pleasence