25e Festival international de jazz de Montréal - Les festival des retours

Charlie Haden
Source: FIJM
Photo: Charlie Haden Source: FIJM

Le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) célébrant ses 25 ans, il pouvait difficilement éviter les retours. De qui? De bien de ces artistes qui ont défilé sur les scènes de cet événement au cours des deux dernières décennies et de la moitié d'une. Précisons que cette édition se déroulera du 30 juin au 11 juillet.

Pêle-mêle, l'affiche du FIJM propose les retours de Tony Bennett, Brad Meldhau, Dave Douglas, Dee Dee Bridgewater, Ibrahim Ferrer, Kenny Barron, Elvin Jones, Oliver Jones, Oscar Peterson, John Scofield, Michel Portal, Aldo Romano, Danilo Perez, Egberto Gismonti, Wynton Marsalis, Keith Jarrett, Chick Corea, Charlie Haden, Diana Krall et plusieurs autres. Cette dernière sera la vedette du gala organisé pour souligner les 25 ans.

Pour l'heure, on retient du programme la place accordée au contrebassiste Charlie Haden. Pour la deuxième fois depuis la création du FIJM, Haden va animer une série de quatre spectacles. Il jouera tout d'abord en compagnie du pianiste John Taylor et du guitariste brésilien Gismonti, avec lequel il grava, dans les années 70, un album subtil paru sur ECM. Ensuite...

Ensuite, ce sera le plus prometteur, sur papier évidemment, de cette série. Soit le trio qu'il formera le temps d'un soir avec le batteur Matt Wilson et le saxophoniste Dewey Redman. En fait, ce groupe est une moitié d'un groupe méritant l'étiquette de groupe culte. À la fin des années 70 et au début des années 80, Haden et Redman s'étaient joints au batteur Ed Blackwell et au trompettiste Don Cherry pour décliner musicalement les Old and New Dreams. On sait qu'André Ménard, l'architecte de la programmation, a essayé à plus d'une reprise d'amener cette formation dans nos environs. Cela ne s'est jamais réalisé. Entre-temps, le batteur Blackwell et l'iconoclaste Cherry sont décédés.

Au lendemain de cette prestation, le contrebassiste assisté de la pianiste Carla Bley dirigeront le Liberation Music Orchestra. Fondé en pleine guerre du Vietnam, d'ébullition sur les campus universitaires et de combats pour les droits civiques, cet orchestre aux tonalités politiques a conservé toute sa pertinence. Haden conclura cette série à la tête du Quartet West.

Après Haden, on a retenu le nom du trompettiste Dave Douglas. Le 10 juillet au Spectrum devrait être la soirée des surprises. On connaît Douglas pour sa participation dans le Masada de John Zorn et ses splendides productions sur Winter & Winter. Là, il nous propose l'originalité. À ses côtés, il y aura le batteur Barry Altschul, le percussionniste de la Conference of The Birds, le bassiste Brad Jones et surtout, surtout, le tromboniste Roswell Rudd. Disparu dans les brumes de la Nouvelle-Angleterre pendant près de trente ans, cet artisan de la note coulissée s'est signalé à nouveau il y a deux ou trois ans, en compagnie du saxophoniste Archie Shepp.

Qui d'autre? Wynton Marsalis. S'il y a un musicien qui provoque des réactions prononcées, s'il y a un musicien qui ne laisse personne indifférent, c'est bien Marsalis. On l'aime ou on le déteste. Toujours est-il que Marsalis a ceci d'intrigant qu'il est à la croisée des chemins. Il y a plus d'un an de cela, la compagnie CBS/Sony ayant fermé sa division jazz, celui qui fut la vedette du continent jazz pendant une vingtaine d'années s'est retrouvé sans contrat.

Au terme de certaines négociations, Marsalis a fini par signer avec Blue Note. Sur cette étiquette, il vient de publier un album plein de sève. Chaleureux et intense. Un album, en tout cas, qui prouve à l'envi que ce que fait Marsalis conserve toute sa pertinence. Que fait-il? Du jazz et non des variétés. Point. Sur eux et les autres, on reviendra.