«Noëls baroques français»: une digne contribution québécoise

Le musicien Luc Beauséjour
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le musicien Luc Beauséjour

Le concert donné dimanche par le baryton Hugo Laporte, lauréat du Concours OSM-Manuvie en 2014, Luc Beauséjour et son ensemble Clavecin en concert revêtait une importance particulière, car il sera l’ambassadeur musical du pays à l’occasion des Fêtes. Enregistré par ICI Musique, il sera en effet la contribution canadienne diffusée par les chaînes publiques Euroradio durant la journée de Noël 2018, au même titre, on l’imagine, qu’ICI Musique diffusera des contributions européennes.

L’animatrice Marie-Christine Trottier a ainsi prédit pour ce concert, présenté par la Maison de la culture Ahuntsic à l’église de la Visitation du boulevard Gouin, une retransmission dans 30 pays, dont l’Allemagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Islande.

Pour se présenter sous ses meilleurs atours, l’ensemble de Luc Beauséjour s’est aventuré sur un terrain très bien connu et maîtrisé : celui des Noëls instrumentaux du baroque français, un répertoire partagé chronologiquement entre Charpentier, Delalande et Corrette, mais agencé de la meilleure manière.

Dans une formation de cinq violons, un alto, une viole, un violoncelle et un théorbe (ou, alternativement, un luth), augmentée de deux flûtes ou flûtes à bec, plus le clavecin, l’orchestre de Luc Beauséjour a fait preuve d’une excellente homogénéité. Le répertoire n’est certes pas difficile techniquement, mais le moment le plus ardu, le Nouveau Noël sur un ancien air de M. de Lully, de Corrette, a été impeccablement négocié par les flûtes et par les violons. Ce volet final de la 4e Symphonie des Noëls était d’ailleurs animé d’une joie profonde.

La contribution canadienne au Noël de l’Union européenne des radiodiffuseurs sera très certainement appréciée, car elle possède une vraie âme que l’on peut attribuer en grande part aux arrangements sobres, chaleureux et intimistes de Michel Angers. Son adaptation très apaisée pour baryton et théorbe d’Entre le bœuf et l’âne gris, jouée en début de concert après trois airs instrumentaux de Corrette, a donné au concert une dimension de réflexion, de détachement du quotidien très bienvenue.

Impeccable aussi, le choix d’Hugo Laporte pour ces chants, car le baryton se distingue par un ton chaleureux, un chant noble (Noël nouvelet), jamais précieux, et, surtout, une excellente prononciation.

Le concert se concluait sur trois arrangements de Ton Koopman taillés sur mesure pour l’effectif requis par les œuvres instrumentales baroques françaises. Koopman y alterne instruments et voix avec grande habileté.

Le savoir-faire québécois sera très dignement représenté à l’étranger.

Noëls baroques français

Michel Corrette : Symphonies des Noëls nos 2, en ré majeur, et 4, en ré mineur. Marc-Antoine Charpentier : Noëls sur les instruments, H. 534 et H. 531 (extraits). Michel-Richard de Lalande : Noëls en trio et Symphonie des Noëls n° 1, S. 130. Traditionnel (arr. Michel Angers) : Entre le boeuf et l’âne gris, Noël nouvelet, Berger, secoue ton sommeil profond, Quelle est cette odeur agréable ? Traditionnel (arr. Ton Koopman) : Il est né le divin Enfant, Peuple fidèle, Les anges dans nos campagnes. Hugo Laporte (baryton), Michel Angers (théorbe et archiluth), Clavecin en concert, Luc Beauséjour. Église de la Visitation, dimanche 9 décembre. Diffusion sur ICI Musique le 20 décembre à 20 h, le 23 décembre à 19 h et le 25 décembre à 10 h.