Fern Canyon, Anna Gordon

Avec ses tourments entrelacés dans un folk sombre et enregistrés dans la solitude d’une forêt de l’Ouest, Fern Canyon met les pieds dans une profondeur inattendue. Il fallait peut-être ce cadre pour qu’Anna Gordon, musicienne émergente de Seattle, puisse explorer avec une conscience aussi aiguë ce que nous sommes, l’étendue de nos ombres. Aussi jeune soit-elle, Anna Gordon est capable de reculer assez loin pour faire du minuscule de sa vie une occasion de basculer dans le grand tout. Ce premier album déroule ainsi son existence encore inachevée jusqu’aux cendres de sa mort (Bury Me High), dévoile la détresse des dépendances (Addict’s Plight) et admet la douleur de fermer à l’autre ses portes intérieures (Please Refrain). Musicalement, tout est d’elle : guitare, piano, percussions, violoncelle — d’ailleurs poignant sur l’interlude Fern Canyon. Ses mélodies parfois faites de dentelle, parfois jouées d’une main lourde ont l’émotion brutale, sans exception. Ceci n’est pas du folk ; c’est une confession noire, une mue qui s’est habillée de folk.
 

Fern Canyon

★★★ 1/2
Dark folk

Anna Gordon, Spirit House