En amont, Alain Bashung

Fonds de tiroirs sortis du purgatoire ? Maquettes maquillées ? Tout n’était pas dit, voilà tout. Autour de Bleu pétrole, nombre de chansons avaient été tâtées, tentées, certaines choisies, d’autres pas. Le temps pressant, Gaëtan Roussel et Arman Méliès avaient peint avec Bashung une fresque de fin qui semblait finale. Et puis, de vie à trépas notre Alain est passé, et le forage en est resté là. Le deuil a été vécu, le monument érigé, on a laissé en l’état le vaste champ de rimes bombardé par les Boris Bergman et Jean Fauque. Rien à ajouter au cimetière. Jusqu’à ce que l’on entende ces chansons tombées au combat, signées Miossec, Daniel Darc, Méliès, Dominique A. Et que l’on se rende à l’évidence qu’il n’y a pas de Bashung de derrière les fagots. Que du Bashung essentiel. Les guitares et programmations d’Edith Fambuena (ex-Valentins) se contentent de dessiner le désert dans lequel la voix s’élève, magnifique : « Je ne t’ai jamais dit / Mais nous sommes / Immortels ».

 

Immortels - Alain Bashung

En amont

★★★★
Album posthume

Alain Bashung, Barclay / Universal