Johann Sebastian Bach, Concertos brandebourgeois, Concerto Copenhagen

Deux nouvelles versions des Brandebourgeois : l’une par le huppé Zefiro d’Alfredo Bernardini chez Arcana ; l’autre par Lars Ulrik Mortensen, ce Danois qui réussit à être pratiquement toujours parfait mais à ne pas faire parler de lui au-delà d’un cercle d’initiés. Les deux surpassent largement un remake inutile, luxueusement lissé de Reinhard Goebel (Sony), bardé de prix en Allemagne, qui m’a laissé de glace. Bernardini (note 4), dans une acoustique chaude et un peu sèche d’une salle d’apparat en boiseries, séduit par ses couleurs pétillantes et son feu d’artifice musical. Comme beaucoup d’interprètes, il cherche « l’événement permanent » alors que Mortensen semble être en quête d’une sorte d’équilibre cosmique et de beauté sonore suprême. On ne peut imaginer plus idéal aux opposés du spectre interprétatif. La démarche la plus courageuse est celle de Mortensen : sans stress, ni à-coup, ce sage va à contre-courant de la mode en une célébration solaire de Bach. C’est autant de la philosophie que de la musique.
 

Lars Ulrik Mortensen dirige le 2e Concerto brandebourgeois de Bach

Johann Sebastian Bach

★★★★ 1/2
Classique

Concertos brandebourgeois, Concerto Copenhagen, Lars Ulrik Mortensen, CPO 2 SACD 555 158-2