Disparition, Guillaume Beauregard

On savait depuis son premier album solo (D’étoiles, de pluie et de cendres, paru en 2014) que le marteleur de méchants riffs du groupe punk des Vulgaires Machins avait dans le corps un monde de chansons plus tristes et belles qu’agressives, qu’il était un fortiche des mélodies touchantes et des arrangements poignants. S’attendait-on pour autant à un deuxième album essentiel, aussi magistral que terriblement éreintant, qui nous troue le coeur tellement profond qu’on disparaît dedans ? Guillaume Beauregard confirme qu’il est non seulement un expert compositeur, capable de décanter de toutes ses chansons préférées des années 1960 et 1970 le substrat le plus dense (le soul sanglant d’Otis Redding y rencontre la mélancolie des Zombies), mais également un parolier qui va loin, très loin dans l’expression du désespoir : « Je ne sais plus comment taire / Le tonnerre de mes inquiétudes. » Recevoir ce disque, après celui de Monsieur Mono, nous en dit long sur la détresse des hommes.
 

Guillaume Beauregard - Solitude

Disparition

★★★★
Chanson rock

Guillaume Beauregard, La Tribu