Alone at Last, Tasha

Quand on a fait de sa voix un outil de revendication politique, il faut parfois se replier pour reprendre des forces. Alone at Last, premier album de Tasha, une musicienne et militante de Chicago qui travaille au sein du Black Youth Project 100, n’est rien d’autre que cela — un moment de pause au confluent de l’engagement pour le monde et de l’engagement pour soi, une main solide qui se repose dans un gant très velouté. Take Care, l’ouverture en spoken word, sans musique, est un départ très fort. « Sometimes I’m afraid that if I die everyone will be too tired to remember my name », scande-t-elle. D’où le besoin de s’aimer, un peu. L’amplitude de sa voix comme de l’huile, l’expression même du pouvoir féminin, d’une lutte et d’une douceur croisées, se marie parfaitement avec la guitare électrique, les tonalités soul et bossa-nova, les percussions. Tasha se love dans ses mélodies coulantes, certaines miroitantes comme des constellations. Il est si facile de se perdre dans ce monde exigeant, chante-t-elle, retrouvons-nous un peu. Après, nous nous relèverons.
 

Alone at Last

★★★★
Indie soul

Tasha, Father/Daughter Records