abysskiss, Adrianne Lenker

Adrianne Lenker est d’abord une voix. Un tourment qui se chante en volutes, un trémolo qui voyage en hauteur sur des mélodies inouïes de brillance. Quatre ans après Hours Were the Birds, qui sera d’ailleurs réédité en novembre, abysskiss enracine le talent de la musicienne américaine pour la prose et la composition — un travail minutieux qu’elle fait déjà, mais différemment, au sein du groupe Big Thief. Sa manière mystérieuse de parler d’amour, de mort, de chocs, des fils ténus qui nous relient au monde paraît fragile, mais sa main a quelque chose d’inébranlable. Adrianne Lenker fait rayonner sa solitude avec chaleur, reformule sa sensibilité dans un enchevêtrement soyeux de guitare acoustique — à l’exception de out of your mind, plus rock — et d’effets subtils à la basse et aux synthétiseurs. « See my death become a trail / And the trail leads to a flower / I will blossom in your sail / Every dreamed and waking hour », chante-t-elle sur la fabuleuse terminal paradise. Son oeil un peu mélancolique observe finement ses alentours — le voyage est conséquent.

abysskiss

★★★★
Indie folk

Adrianne Lenker, Saddle Creek