Daqa’iq Tudaiq, Jerusalem in My Heart

Entre ses collaborations comme producteur, ingénieur son et musicien, le génie montréalo-libanais Radwan Ghazi Moumneh a trouvé le temps de s’adonner à son projet audiovisuel, Jerusalem in My Heart. L’entité, dans sa version scénique, s’accompagne d’une vidéographie magnifique, produit de l’esprit du réalisateur-monteur Charles-André Coderre. Daqa’iq Tudaiq s’appuie sur deux axes : d’abord, une réinterprétation orchestrale de Ya Warat Al Wadi, du compositeur Mohammed Abdel Wahab, qui devient Wa Ta’atalat Loughat Al Kalam (qu’on pourrait traduire par « Et prend fin le langage des mots »). Rythmée par de langoureux maqâmats de buzuk et d’oud, la voix de Moumneh y est bouleversante. Le deuxième acte est ouvertement électronique, dense. Doté d’une aura divinatoire, il a ce quelque chose d’anxiogène qu’on retrouve chez Suuns : une pulsion noise compacte, comme une course vers l’avant. Daqa’iq Tudaiq incarne bien un équilibre fascinant : beauté pure et force de frappe.


Daqa’iq Tudaiq

★★★★
Électro métissé

Jerusalem in My Heart, Constellation