Vienna, fin de siècle, Barbara Hannigan et Reinbert de Leeuw (piano)

Il est instructif de comparer ce disque de la chanteuse et chef d’orchestre canadienne Barbara Hannigan avec le récital de Nadine Sierra chez DG, également commenté cette semaine, puisque, alors que Sierra chante toutes les notes, Hannigan chante tout ce qu’il y a derrière ! Avantage d’une maturité vocale et artistique (Hannigan a 47 ans, Sierra, 30), mais, surtout, confirmation d’une intelligence artistique suprême. Hannigan retrouve ici le Néerlandais Reinbert de Leeuw, expert du XXe siècle, pour explorer le point de bascule entre le romantisme harmoniquement exploratoire et le dodécaphonisme. Ce que montrent Hannigan et de Leeuw, c’est à quel point la manière dont Berg, Webern, Zemlinsky ou Schoenberg « tirent » sur l’harmonie et dissocient piano et voix renforce la subtilité et la sensualité de l’expression poétique. De Leeuw est aussi surprenant qu’Hannigan dans cet exercice, avec des nuances extrêmement soupesées. Et la chanteuse montre qu’elle n’a pas besoin d’extraversion pour être torride. Disque majeur, d’une fascinante maîtrise.

 

Barbara Hannigan chante Schilflied de Berg

Vienna, fin de siècle

★★★★ 1/2
Classique

Barbara Hannigan, Reinbert de Leeuw (piano), Alpha 393