There’s a Place for Us, Nadine Sierra (soprano) et Robert Spano (direction)

Ça y est : l’Amérique a — ce qu’elle croit être — son Anna Netrebko ! Le lancement de Nadine Sierra est le même que pour celui de la Russe au début des années 2000. Une immense institution qui la porte (le Mariinski dans un cas, le Met dans l’autre), des prix prestigieux (Richard Tucker et Beverly Sills), la consécration offerte par Deutsche Grammophon et une beauté de mannequin, à laquelle Nadine Sierra ajoute un plaisir avoué de chanter en bikini (« I love it ! » comme aurait dit Isabel Leonard dans son animation des entractes du « Met Live in HD ») ! Où sera la voix de Nadine Sierra dans 18 ans, alors qu’au terme d’un tel parcours l’avisée et rusée Netrebko chante Aida au Met ? Il faudra à Sierra du sang-froid et un entourage solide. On entend dans cet agréable programme américain et latino une voix pas trop colorée, assez peu de personnalité dramatique et un vibrato déjà fort généreux pour une jeune chanteuse de 30 ans. Je ne doute aucunement que Nadine Sierra sera un phénomène médiatico-lyrique des dix prochaines années. L’enjeu se situe au-delà…

 

Nadine Sierra chante Somewhere de Bernstein

Nadine

★★★
Classique

Nadine Sierra (soprano), Robert Spano (direction), DG B0028836-2, « There’s a Place for Us »