Émilie Clepper et La Grande Migration, Émilie Clepper

Où était-elle, Émilie Clepper dont nous aimions tant le folk brut ? Partie aux États. Pour de bon, croyait-on. Eh non : sept ans plus tard, elle revient, par d’autres chemins, sans guitare en bandoulière, et sans ses mots en anglais. Comme si elle avait tout laissé là-bas, sauf une page blanche. Dessus, elle a mis les mots en français de l’auteure Sara Garneau. Dessous, avec l’aide des coréalisateurs Benoît Pinette (Tire le coyote) et Stéphane Rancourt, elle a tendu un lit de piano et de synthés, à l’édredon piqué de percussions électros. On a l’impression de faire à nouveau connaissance : le timbre de la voix est plus grave (entre Marianne Faithfull et Piaf, je dirais), le ton plus intense. « Dessine-moi un pont / Qui traversera / Les rivières de larmes / Où je me noie », chante-t-elle dans Désert blanc. C’est dur, sombre, beau. Elle chante du ventre, frappe au coeur, pas d’échappatoire. Ce qui ne l’empêche pas de sourire à pleines dents sur la photo du livret. Joie partagée.


Emilie Clepper et La Grande Migration - Désert blanc

Émilie Clepper et La Grande Migration

★★★ 1/2
Chanson

Émilie Clepper, La Tribu