Contre-Temps, Flavien Berger

Après avoir exploré les profondeurs aqueuses dans Léviathan, le chanteur le plus « méta » de la chanson française actuelle présente son oeuvre sur le temps. Celui qui passe, celui qu’on regrette, celui qu’on peut moduler à bord de son vaisseau doté de mobilité spatiotemporelle… Efficace narrateur d’une cosmogonie complexe, Berger a la faculté — et c’est ce qui l’a tant fait ressortir du lot à la sortie de Léviathan — d’articuler sans trop d’explications superflues un univers vivant et magique. Les sons électroniques, les basses sentant fort le R&B et le piano suave (Brutalisme) rappellent par moments des projets comme Blood Orange. Les passages instrumentaux, comme presque l’entière 999999999, composent une atmosphère de science-fiction organique enivrante. Sans être explicitement sexuel, le voyage métaphorique proposé par Flavien Berger livre une haute dose d’érotisme : la voix, rappelant un Étienne Daho naïf, susurre des textes à la poésie candide, mais jamais fleur bleue. Espérons que son embarcation psychotronique le mènera en personne jusqu’à nos contrées.
 

Contre-temps

★★★★
Pop électro

Flavien Berger, Pan European Recording