My Way, Willie Nelson

En fumer du bon a vraiment du bon. Non seulement ça conserve, mais ça met en appétit. Après s’être offert Gershwin et Ray Price, voilà que le Texan à nattes se roule des pages du catalogue Sinatra. À l’aise partout, le diable d’octogénaire réussit là où les Bublé et Cullum se cassent les dents trop blanches. Pourquoi ? Il a le swing leste depuis des décennies, le patriarche, sa voix est inimitable et il n’a nul besoin de se la jouer Ol’ Blues Eyes pour entrer dans le vif des chansons. It Was a Very Good Year en rumba ? Lui peut. Trigger (sa guitare à trous) résonne de son bon nylon, l’équipe de routiers aux cuivres et cordes suit sans s’énerver ni traîner de la patte, et on se surprend à ne pas penser à Frank. Tout en ayant, après écoute, très envie d’aller se frotter aux albums du Chairmain of the Road. Signalons What Is This Thing Called Love, en duo avec Norah Jones, merveille de confection, toute en soie et denim. Et My Way ? Pas de souci, Willie se l’approprie. Oui, à sa façon.

 

Willie Nelson (avec Norah Jones) –​ What Is This Thing Called Love

My Way

★★★★
Hommage

Willie Nelson, Sony Legacy