For my Crimes, Marissa Nadler

Il faut voir For my Crimes comme une réapparition : avec ce huitième album, Marissa Nadler revient en effet à une forme fantomatique et uniforme de son folk vaporeux, une matière aussi réverbérante que le serait un lamento dans une église gothique. On est assez loin en cela de l’audacieux Strangers (2016) et de la beauté spectrale de July (2014), qui avaient montré le talent caméléonesque de la musicienne américaine. Maintenant, il faut admettre que sa formule, aussi enveloppante soit-elle, est aussi lassante. Difficile de distinguer les morceaux dans la répétition de motifs, difficile aussi de croire à l’émotion dans sa prose inégale et sa voix languissante. Avec une guitare en accords simples, des cordes intenses et des voix en échos suraigus — par Angel Olsen, notamment —, Marissa Nadler explore les tranchées du couple et l’éléphant que devient la solitude entre deux âmes qui ont commencé leur dérive. Seules You’re Only Harmless When You Sleep et Said Goodbye to That Car sortent d’un certain étouffement — la mémoire apparaît alors plus juste. En spectacle le 30 novembre au Ritz PDB.


For my Crimes

★★★
Dream folk

Marissa Nadler, Sacred Bones