Le grand départ, David Myles

Au premier butinage — quelques secondes, pour goûter —, j’ai grimacé. Qu’était donc devenu mon nouveau héros néo-rockabilly des Maritimes ? Et puis j’ai roulé l’album sur la 15 et j’ai compris : c’est chaque fois l’aventure pour le gaillard, qui fut jazzy, pop, soul, dance. Pour son premier disque en français dans le texte, il a plongé : à son trio de base s’est ajouté Frank Lafontaine et ses copains de récré (Robbie Kuster, Sam Joly, Joe Grass), ainsi que des collaboratrices de haut vol : Gaële, Caracol, Florence K. Ça donne des chansons fichtrement bien fichues, où le suave timbre grave du chanteur sert des airs à la fois modernes et sans âge : j’y entends encore le galop hillbilly (dans Hey shérif, et surtout De bonne guerre), mais chaque pièce est un univers, que Frank l’arrangeur-réalisateur a savamment peuplé de beaux sons singuliers : pedal steel, synthés, Wurlitzer, etc. Il y a même une reprise chic, Le temps de l’amour, en bossa désertique. Presque à corps défendant, je m’avoue conquis.

 

David Myles - Plus rien

Le grand départ

★★★ 1/2
Chanson

David Myles, L-Abe