Youth, Kalle Mattson

Si le folk est mort pour Kalle Mattson (c’est en tout cas ce qu’il proclamait au printemps dernier), ce qu’il reste de lui — et… de son folk — est encore bien vivant. Trois ans après le court Avalanche, ce nouvel album marque une apogée certaine du « son » luxuriant façonné par le musicien canadien, confluence de folk, de synth pop, d’indie rock et d’un beat ardent inclassable. De la vraie pâte à modeler. Cette fois, le jeune et habile parolier — on oublie parfois qu’il n’a que 27 ans — documente la disparition de la jeunesse : le deuil inévitable des amitiés complices, le cycle des saisons et des regrets, l’insouciance devenue solitude. Youth est en soi un passage, un pincement au coeur violent et répété. Kalle Mattson est capable de cela. Qu’il choisisse une mélodie frêle avec banjo (Astronaut), un groove battant avec cuivres (Searching for Somewhere) ou une trame aérienne (fabuleuse Echo), le musicien fabrique ceci : des hymnes. Sa jeunesse devient la nôtre — et ça, c’est fort. En spectacle le 12 octobre au Quai des brumes.
 

Youth

★★★★
Folk alternatif

Kalle Mattson, Indépendant