À Detroit, les admirateurs défilent devant la dépouille d’Aretha Franklin

Son cercueil étincelant a été déposé au milieu d’énormes bouquets de roses dans le musée Charles H. Wright, à Détroit, dédié à l’histoire des Noirs américains.
Photo: Paul Sancya Agence France-Presse Son cercueil étincelant a été déposé au milieu d’énormes bouquets de roses dans le musée Charles H. Wright, à Détroit, dédié à l’histoire des Noirs américains.

Des centaines de personnes défilaient mardi à Detroit, dans le Michigan, devant le cercueil doré où reposait la dépouille de la légendaire chanteuse américaine Aretha Franklin, au début de quatre jours de cérémonies célébrant sa vie.

La « reine de la soul » est morte à 76 ans le 16 août à Detroit des suites d’un cancer du pancréas, après une carrière de six décennies qui a fait d’elle l’une des artistes les plus respectées des États-Unis. Elle était aussi une figure de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains.

Mardi, son cercueil étincelant, porté par des hommes en costume noir et gants blancs, a été déposé au milieu d’énormes bouquets de roses dans le musée Charles H. Wright dédié à l’histoire des Noirs américains, devant lequel des admirateurs ont campé toute la nuit pour rendre hommage à la chanteuse.

Des milliers de personnes doivent défiler devant sa dépouille, habillée d’une robe et de talons rouge vif, de 9 h à 21 h mardi et mercredi. Le cercueil sera ensuite transporté jeudi dans l’église où officiait son père, ancien pasteur.

Les admirateurs, dont certains entonnaient de temps en temps des chansons de la diva, ont commencé à faire la queue avant l’ouverture du musée.

« La Reine »

Certains sont venus de loin pour lui rendre hommage, vêtus de t-shirts arborant son visage en s’éventant sous le soleil.

« C’est la Reine. C’est une icône, une légende. C’est tout simplement un honneur de pouvoir être ici pour lui rendre hommage », a expliqué un admirateur à Local 4 News.

« Sa musique a changé la vie de beaucoup et c’est un honneur d’être ici », a dit un autre, venu de l’Ohio voisin. « Elle a touché tellement de gens. »

Un concert gratuit en son hommage se tiendra jeudi soir, avant ses funérailles vendredi au Greater Grace Temple, où doivent, entre autres, se produire Stevie Wonder et Jennifer Hudson.

L’ancien président Bill Clinton et l’une des figures du combat pour les droits civiques, Jesse Jackson, doivent être présents aux obsèques.

Reine incontestée de la soul, Aretha Franklin était l’une des plus grandes voix américaines et une figure emblématique de la communauté noire, qui a marqué des générations entières d’artistes.

Elle restera connue comme l’interprète inoubliable de Respect, devenu l’un des hymnes des mouvements pour l’égalité pour les Noirs et les femmes dans les années 1960. Le tube, composé par Otis Redding, lui offrira en 1967 les deux premiers Grammy Awards (sur 18) de sa carrière.

Reconnaissable entre mille, sa voix sensuelle et puissante couvrant quatre octaves a influencé de nombreuses divas américaines : de Whitney Houston à Beyoncé, en passant par Mariah Carey et Alicia Keys.

Aretha Franklin, née dans un Sud ségrégué à Memphis, dans le Tennessee, fut aussi intimement liée au mouvement des droits civiques, et elle donna argent et conseils aux activistes américains.

En 1990, elle a chanté à un rassemblement dans sa ville en l’honneur de la libération de Nelson Mandela en Afrique du Sud. Montant sur scène, Mandela a raconté à quel point il avait apprécié écouter « le son de Detroit » quand il était enfermé.

Aretha Franklin avait aussi chanté aux funérailles de Martin Luther King. Quarante ans plus tard, elle donnait de la voix à l’investiture de Barack Obama, le premier président noir de l’histoire des États-Unis.

Début de quatre jours de cérémonies célébrant la vie de la « Reine de la soul ».