Deep in The Big, Rabbit Island

Est-ce le ciel, cette grandeur qu’évoque Deep in The Big ? C’est en tout cas vers cette hauteur qu’il voyage, bien installé dans la nacelle d’une montgolfière. Accueillez ce genre de dream folk : des pièces de quatre à neuf minutes, des volutes lentes qui montent et montent vers une mystérieuse étoile. Ce que raconte ici la musicienne australienne Amber Fresh (au curieux nom de scène : Rabbit Island) avec sa voix imprécise et murmurée n’est pas clair, mais qu’importe : l’intérêt de cet album repose sur la tenue générale de l’instrumentation, sur l’amour donné à chaque petit détail — un grain, un contretemps, des bruits de conversation. Le mariage d’un piano flageolant simplissime (quatre accords en rotation sur Deep in The Big), d’un orgue pesant lui aussi minimaliste (11, 12, 13) et d’une guitare légère façon jardin d’oiseaux (Louie’s Song) crée un écosystème absorbant, sorte de rêve dont on se réveillerait mollement avec une incertitude : où était-on, dans les 45 dernières minutes ? Mais voilà, Rabbit Island le chante : de réponse, il n’en faut pas.
 

Deep in The Big

★★★ 1/2
Dream folk

Rabbit Island, Bedroom Suck Records