America’s Child, Shemekia Copeland

Un disque important. America’s Child est moins le neuvième album de la formidable chanteuse de blues Shemekia Copeland — oui, la fille du non moins formidable (et regretté) guitar-slinger texan Johnny Copeland — qu’un point de ralliement des forces vives de l’Amérique malmenée des dernières années. Ce n’est pas un hasard si Shemekia y chante le folk le plus militant des John Prine et Mary Gautier. Ni si Gautier, Emmylou Harris et Gretchen Peters, entre autres, y ajoutent leurs plus vibrantes harmonies. C’est à dessein que le maître guitariste Steve Cropper joue ses arpèges les plus « otisreddingiens » dans Promised Myself et que Rhiannon Giddens pince son banjo le plus traditionnel dans Smoked Ham and Peaches. L’idée, comprend-on, c’est qu’ainsi appuyée, Shemekia, dans le rôle du puissant porte-voix, parvienne à percer le mur de l’indifférence. Entendra-t-on Ain’t Got Time for Hate, I’m Not Like Everybody Else (oui, la chanson des Kinks) et l’hymne Americans ? Ici, oui. À vous le relais.

 

Écoutez Ain't Got Time For Hate

America’s Child

★★★★
Americana

Shamakia Copeland, Alligator