Une festivalière veut poursuivre Osheaga

Le rappeur américain Travis Scott est arrivé avec une heure de retard et a offert une performance abrégée de 40 minutes.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le rappeur américain Travis Scott est arrivé avec une heure de retard et a offert une performance abrégée de 40 minutes.

Une jeune femme qui a participé au plus récent festival Osheaga à Montréal veut poursuivre le promoteur parce que la tête d’affiche de la soirée de vendredi n’a pas été à la hauteur de ses attentes.

Le rappeur américain Travis Scott est arrivé avec une heure de retard et a offert une performance abrégée de 40 minutes au festival de musique.

La demande d’action collective allègue que de nombreux festivaliers avaient quitté les lieux au moment où il s’est enfin présenté sur scène.

Parmi eux se trouvait la plaignante Megan Le Stum, qui est d’avis que les spectateurs ont été peu informés de ce qui se passait.

L’étudiante universitaire, âgée de 18 ans, estime que les promoteurs ont fait preuve d’un manque de respect parce qu’ils ne se sont pas excusés et n’ont pas offert de remboursement malgré que l’artiste principal de la soirée ait chanté pendant moins de la moitié des 90 minutes prévues.

Evenko, le promoteur derrière le festival Osheaga, n’a pas répondu, jeudi, à une demande d’entrevue sur l’action en justice.

Selon le site web d’Osheaga, la programmation du festival peut être modifiée à tout moment et sans préavis. Cela inclut l’annulation de la présence des têtes d’affiche. Il est par ailleurs écrit qu’aucun remboursement ne sera effectué si la prestation d’un artiste au festival est modifiée ou annulée.

Mme Le Stum a indiqué que ses amis et elle s’étaient approchés de la scène et avaient attendu pendant une heure, très excités de voir Travis Scott. Elle affirme qu’au début, les responsables d’Osheaga ont soutenu que des difficultés techniques causaient le retard, alors le groupe d’amis a supposé que le rappeur était sur place.

Plus tard vendredi soir, le compte Twitter d’Osheaga a annoncé que le chanteur était retenu à la frontière canado-américaine.

« La foule devenait un peu agressive à ce moment-là, il faisait vraiment chaud et tout le monde était emballé avant de céder graduellement à la déception », raconte Megan Le Stum.

Sachant qu’il y avait un couvre-feu pour les concerts dans le secteur et que la foule était de plus en plus tapageuse, ses amis et elle sont partis.

« La foule a commencé à être désagréable, à être un peu violente. Ce n’était pas une bonne ambiance, selon la jeune femme. Nous nous demandions si nous allions même avoir un spectacle et à un moment donné, nous avons décidé de partir. »

Megan Le Stum a donc quitté les lieux vers 22h30. Osheaga a par la suite publié une vidéo de Travis Scott sur scène à 23h15.

115 $ réclamés pour chaque festivalier

Le cabinet montréalais Lambert Avocat Inc. a déposé la demande contre Osheaga lundi au nom de la jeune femme et de tous les festivaliers ayant subi des préjudices ou des inconvénients en raison de l’arrivée tardive du rappeur.

La demande déposée en Cour supérieure du Québec doit encore être autorisée par un juge. Elle réclame 115 $ — soit l’équivalent d’un laissez-passer d’une journée — plus taxes et intérêts pour toutes les personnes présentes vendredi dernier au festival.

Les trois jours de concerts affichaient complet, avec une foule quotidienne de 45 000 personnes.

« C’est pour toutes les 45 000 personnes présentes ce jour-là, a déclaré Megan Le Stum. C’est pour un principe d’équité et de justice. Tous s’attendaient à voir Travis Scott. »

Un recours semblable avait été intenté après une prestation écourtée de la formation rock Guns N’Roses au Stade olympique de Montréal en 1992. Ce soir-là, plusieurs dizaines de milliers de spectateurs avaient d’abord été témoins de la blessure du chanteur de Metallica, James Hetfield, brûlé par une pièce pyrotechnique.

Puis, après quelques heures d’attente, le chanteur de Guns N’Roses, Axl Rose, n’avait fait acte de présence que durant une trentaine de minutes, avant de quitter la scène en critiquant l’endroit avec un langage vulgaire. Une émeute avait suivi, puis un recours collectif avait été intenté par une spectatrice contre le promoteur Donald K. Donald et la Régie des installations olympiques. Le différend s’était réglé à l’amiable trois ans plus tard pour 300 000 $.